lundi 26 août 2013

Méthode pour un agent intelligent de pilotage de projet



La situation de départ

Soit un objet, une personne, une action, une procédure, une technologie, etc... à insérer dans un ensemble concret que nommerons un SITE, SITE ayant des PERFORMANCES EXISTANTES et un fonctionnement donné.

Nous appellerons ce qui est à insérer un INSERT. Cet INSERT possède un fonctionnement propre se situant dans une gamme de variations, imposant donc un calibre à l'intérieur duquel ces variations sont sensibles.

De l'insertion de l'INSERT dans le SITE, permet d'attendre du SITE des PERFORMANCES ATTENDUES. Or, le fonctionnement du SITE possède un certain nombre de calibrages, à l'intérieur desquels sont classés par famille les différentes variations de fonctionnement.

Les PERFORMANCES EXISTANTES : ces performances, instantanées et cumulées, vont se décliner selon un ou plusieurs indicateurs. Il est important que ces indicateurs portent sur l'activité générale du SITE. Donc, chaque indicateur doit au moins rendre compte des multiples interactions entre un ensemble significatif d'éléments du SITE.

Les indicateurs des PERFORMANCES EXISTANTES ont une syntaxe composée d'au moins quatre calibres : les "Buts tactiques", les "Démarches d'actions", les "Domaines de gestion", les "Substrats".


Le problème à résoudre


Les fonctionnements du SITE et de l'INSERT ont donc des calibrages différents.

Nous poserons que la réussite dans l'atteinte des PERFORMANCES ATTENDUES passe par une homogénéisation des calibrages du SITE et de l'INSERT. Sinon, cet objet, cette personne, cette action, cette procédure, cette technologie, en se pliant aux variations imposées par l'espace de chaînage qui trame la gestion du SITE ne fonctionneront pas à leur optimum.

Une autre voie est possible : modifier les variations du SITE de façon à ce que les conséquences de ces variations aboutissent aux PERFORMANCES ATTENDUES.

Les INSERTS seront les changements dans les éléments ou les éléments nouveaux qui vont modifier les variations des éléments par rapport à des PERFORMANCES ATTENDUES.

Dans ce cas, il faut modifier les calibrages du SITE de façon à ce que les nouvelles variations se situent dans des limites telles que l'on obtienne les PERFORMANCES ATTENDUES.

Les PERFORMANCES ATTENDUES : ces performances vont se déclinées selon un ou plusieurs indicateurs qui seront parfois distincts des indicateurs existants.

Des PERFORMANCES ATTENDUES, l'équipe-projet, aidé par un outil de calibrage à base connaissances, doit être capable de dégager une série de calibres.

On supposera que les indicateurs des PERFORMANCES ATTENDUES ont une syntaxe composée d'au moins quatre calibres : les "Buts tactiques", les "Démarches d'actions", les "Domaines de gestion", les "Substrats".


Rassembler les éléments du SITE et de l'INSERT dans un circuit

Faire du SITE et de l'INSERT un circuit qui réunit en boucle l'ensemble des éléments qui interagissent entre eux. Il faut identifier les éléments qui interagissent entre eux, de façon telle qu'on peut les considérer comme reliés "en circuit".


Dans le temps, les éléments vont passer par différents états. Ces éléments doivent être définis par un calibre commun qui permette de comparer les variations de leurs états dans le temps.

Nous savons formuler des règles ou des lois sur le fonctionnement d'ensemble d'un circuit.

Les différences se mesurent dans le temps sur chacun des éléments pris un par un.

Les différences se mesurent dans le temps sur chacune des relations globales.

On obtient donc une série d'états successifs de la totalité du circuit dans un laps de temps T.


Formuler les performances globales existantes et attendues


Formuler dans l'outil les performances cumulées attendues.

Considérer que ces performances cumulées sont l'addition de performances instantanées suivant des courbes de variation.


Formuler les voisinages de sensibilité aux variations de performance

Le voisinage est une "surface perceptive" qui perçoit les variations des performances. Cette surface perceptive à une différence ou à un changement.

La différence est perçue parce que nous avons établi au préalable un voisinage entre deux ou plusieurs parties (définition topologique : "partie de l'espace contenant un ouvert qui contient A"). Il faut aller de l'une à l'autre, donc poser une distance, une surface, un espace de déplacement. Ou bien, le voisinage est un temps de variation d'une image déjà donnée.

Cela revient à dire : "déplacez vous ici plutôt que là", "regardez ici plutôt que là", "raisonnez en mois plutôt qu'en jour".

* La différence est obtenu par le déplacement dans un voisinage.

* Si nous sommes fixes, le changement s'obtient par superposition selon des intervalles de temps réguliers, d'une image changeante.

Il faut mettre en relation une modification d'image avec un intervalle dans le temps.

La sensibilité est ici entendue comme l'aptitude à déceler de très petites variations. seront donc tels des corps mobiles ou des images variables par rapport à elles-mêmes. Le premier objet de gestion est donc le "corps humain", à la fois mobile et doté d'une capacité d'"imagination" et de "mémoire".

On peut également s'attacher au déplacement d'une pièce, à la transformation d'un produit au cours des différentes phases de sa fabrication, aux rythmes, voire aux aléas d'une machine.



Le repérage des "problèmes de voisinage"

Le circuit SITE+INSERT va regrouper une série de voisinages, chaque voisinage étant affecté d'une variation plus ou moins forte. On va classer ces voisinages entre eux.

C'est ce que l'on va appeler les "problèmes à résoudre".



La mise au point des calibres

L'ampleur des variations possibles entre un minimum et un maximum définit la taille d'un calibre. Comment déterminer la taille judicieuse des informations à manipuler, de façon à se donner la sensibilité perceptive ad hoc.

A des tailles d'informations doivent être associés des savoirs facilement manipulables dans un temps limité. Les informations sont recueillies par centaines, mais il est coûteux de manipuler des savoirs sur plusieurs centaines d'entités différentes. Les informations seront limitées en "taille minimum". Raisonner en "mois" plutôt qu'en jour est ainsi plus économique. Pour ce faire, les informations disponibles seront recomposées pour "être au calibre" du calibre qui a été choisi.

A la contrainte de la taille minimum s'ajoute celle de la taille maximum. L'information utile résulte d'un regroupement pertinent des informations. La pertinence s'obtient par le choix judicieux de la taille des informations que l'on regroupe. Obtenir la pertinence d'un regroupement exige que les informations de base aient une taille maximum, afin que les regroupements restent significatifs.

Le calibrage ajoute une dimension supplémentaire à la notion de voisinage : il spécifie des règles et des types de voisinage. Deux objets, deux situations, etc... sont proches l'un de l'autre parce qu'ils ont la même règle de voisinage.

Premier geste : l'on affecte un voisinage à un calibre donné, choisi dans une gamme générale de calibres. Second geste : l'on examine les variations de performance par rapport au calibre choisi.

Le calibrage organise un aller-retour entre des images voisines, et les ordonne selon une recherche des relations significatives sur l'ensemble des images.

Il y a des tailles différentes de calibrage, il y a donc des "calibres" au pluriel.

Deux contours sont mis en relation : le contour régulier du calibre et la ligne sinueuse, voire irrégulière, de la performance calibrée. L'espace ou la surface variable entre les deux tores ou les deux contours devient l'objet privilégié de l'attention.


La détermination des nouveaux espaces de chaînage

Du circuit SITE+INSERT, l'outil de calibrage doit être capable de dégager l'objet ou les objets de gestion dont les variations apportent une sensibilité maximum au calibre considéré. Ces objets de gestion seront transformés en ESPACE DE CHAINAGE.

Proposons une règle générale de choix d'un objet de gestion qui sera développé en ESPACE DE CHAINAGE :

"L'objet de gestion choisi, pour être développé en espace de chaînage possible, présentera le maximum de sensibilité à l'intérieur du calibre défini par les indicateurs des performances attendues".

Les fils de trame de l'espace de chaînage sont à trouver dans les savoirs liés aux objets de gestion choisis


En conclusion

L'automatisation apportée par un outil à base de connaissances apporte selon nous trois atouts essentiels :

- la rapidité de comparaison entre les PERFORMANCES EXISTANTES du SITE et les PERFORMANCES ATTENDUES pour dégager le calibrage le plus pertinent,

- l'exhaustivité des mises en relation du calibrage choisi avec les différents objets de gestion, afin de déterminer le ou les objet de gestion qui seront développés en ESPACE DE CHAINAGE,

- la manipulation des variations des fils de trame de l'ESPACE DE CHAINAGE afin de déterminer le ou les INSERTS permettant les PERFORMANCES ATTENDUES.


Esquisse de quatre familles de calibrage



Les quatre calibrages possibles articulant les pilotages d'un projet

La réaction courante est de resituer l'énonciation d'une performance attendue par rapport à un contexte. Avant d'en savoir plus sur le contexte de l'énonciation, des questions sont formulables à partir de plusieurs types de calibrages généraux. Ces calibrages généraux considèrent que l'énonciation appartient à une taille de calibre et posent la question implicite : "pourquoi cette taille particulière là et pas une autre ? Pourquoi ce calibre et pas un autre ?"

A chacun des quatre calibrages généraux que nous avons identifié, peut être associé plus ou moins de savoirs et de raisonnements.

* le calibrage général des "buts tactiques" peut posséder une typologie des intitulés d'objectifs avec les avantages et les inconvénients attachés à chacune des formes d'intitulé

* le calibrage général des "domaines de gestion" peut posséder un savoir sur les procédures de délimitation d'un domaine de gestion et sur les différentes formulations possibles selon la position -interne ou externe, légitime ou illégitime - que l'on occupe.

* le calibrage général des "démarches d'actions" peut posséder un savoir sur la typologie des actions, et la façon dont elles peuvent être analysées : les QUI, QUOI, OU, QUAND, COMMENT, ou les ENTREES/SORTIES/TRANSFORMATIONS/ECHEANCES seront incarnés diversement selon la nature de l'action.

* le calibrage général des "substrats" peut posséder un savoir sur les différentes compositions possibles que peuvent prendre les substrats.

Voici un certain nombre de préconisations pour "nourrir de savoirs" un éventuel outil à base de connaissances qui aiderait les équipes-projets à calibrer leur projet :



Préconisations pour les savoirs du calibrage général "BUTS TACTIQUES"

Les "BUTS TACTIQUES" sont les valeurs des performances attendues d'un secteur, d'une fonction, d'une organisation, par les partenaires et l'environnement en général. Ces buts, qu'une personne, une fonction, une organisation doit atteindre, sont formulés en terme d'objectifs qui figurent sur des indicateurs au terme d'une période donnée.

Les indicateurs peuvent qualifiés de tactiques en tant qu'ils agrègent, selon une façon jugée significative pour l'action d'un secteur, les informations issues des outils de pilotage ou des dispositifs de communication. Les indicateurs donnent aux orientations de gestion une dimension médiatique.

La dimension médiatique se repère particulièrement dans la forme et l'intitulé de l'objectif, dans les médias choisis pour sa diffusion, dans son association avec les principes politiques généraux ou les axes stratégiques.

Le calibrage général des "Buts tactiques" possède une typologie des intitulés d'objectifs avec les avantages et les inconvénients attachés à chacune des formes d'intitulé. Ainsi, un indicateur est d'autant plus prégnant sur les actes de pilotage qu'il est associé à un objectif intégré par un ou plusieurs pilotes. Exemple : bénéfice égal à 3 % du chiffre d'affaires l'année prochaine.

Opérer un calibrage du SITE consiste à déterminer les indicateurs significatifs, à formuler les buts à atteindre en intitulés d'objectifs et à produire la succession de ces objectifs.



Préconisations pour les savoirs du calibrage général "DOMAINES DE GESTION"


Le calibrage général "DOMAINES DE GESTION" possède un savoir sur les procédures de délimitation d'un domaine de gestion et sur les différentes formulations possibles selon la position -interne ou externe - que l'on occupe par rapport à un domaine. L'outil possèdera un savoir sur treize domaines de gestion, dont voici la liste :


1. Les technologies et savoirs génériques de l'entreprise

2. L'articulation technologies/industrie/commercialisation

3. Les caractéristiques des produits

4. Les caractéristiques des clients

5. Les étapes de la chaîne de transformation

6. La gestion du flux de transformation

7. La gestion des ressources humaines

8. La gestion des ressources financières

9. La gestion des technologies et des savoirs

10. La gestion des moyens et des locaux

11. Les caractéristiques des statuts

12. Les coopérations/alliances/dépendances

13. Les caractéristiques de l'établissement


Dans chaque domaine de gestion, il sera possible de disposer d'un ensemble de critères pertinents. Nous allons par exemple détailler les critères de gestion pertinents quand il s'agit de caractériser un établissement.

fonction économique : direction, conception, production, commercialisation

segment de production : usinage, montage

dépendance d'approvisionnement : oui/non
(extraction, sidérurgie, verre, céramique, matériaux de construction, bois, lait)

accès facilité au marché : biens non conservables, entrepôt ou dépôt de vente en gros

proximité des grandes voies de communication : oui/non

proximité des centres de décisions et d'innovation : oui/non

sièges sociaux, laboratoire de recherche/développement, unités de technologie de pointe

bassin d'emploi :

A. bassins agricoles en déclin : force de travail abondante, peu coûteuse, peu syndiquée, peu formée

pour usine de montage ou de production de composants simples

B. petites villes et banlieues

pour les usines

C. grandes villes à large rayonnement régional

pour entrepôt ou dépôt de gros

D. métropoles avec population d'un haut niveau de formation

pour usines à technologies complexes, établissements de service (organisation, gestion, commercialisation), antennes commerciales, sièges sociaux, laboratoire de recherche/développement, unités de technologie de pointe

nombre d'établissements en totalité /concernés :   /

statuts juridiques : unité/diversité

extension de l'implantation : locale/régionale/nationale/
internationale

unités de travail ayant des produits spécifiques : unité/diversité

catégories de personnel : unité/diversité

métiers : unité/diversité


Donc le calibrage général "DOMAINES DE GESTION" possèdera un savoir sur les différents critères de gestion possibles sur treize domaines. Le calibrage général "DOMAINES DE GESTION" possèdera également  une capacité d'ingénierie de modification de ces critères de gestion de façon simultanée dans différents domaines.

Chaque critère de gestion privilégie dans la personne, le matériau, l'outil, la technologie, la procédure, une caractéristique opératoire. Bien qu'ordonnés dans des domaines distincts, les critères se composent dans la globalité d'ensemble d'un fonctionnement. A partir de la définition d'un autre fonctionnement global, une redéfinition simultanée des critères de gestion dans différents domaines sera possible.

Prenons l'exemple du passage d'une économie basée sur un environnement très aléatoire à une économie tablant sur une régularité de l'environnement. En environnement aléatoire, les principes généraux de gestion sont :

- la qualité de la conservation des excédents sur la durée

- la multiplication des entreposages en différents points

- la possibilité d'échanger un même produit de zone à zone

- dispersion des lieux de production dans un large espace dans des situations très différentes

- diversité en un même lieu des formes de production

Ces principes se transformeront, dans un environnement plus stable, dans les nouveaux principes suivants :

- ajustement des quantités produites à la demande

- minimisation des stocks et circulation rapide des produits dans des réseaux larges de distribution

- échanges de produits différents de zone à zone

- spécialisation et complémentarité des productions dans des espaces bien définis

- unicité de la production dans un lieu donné



Préconisations pour les savoirs du calibrage général "DEMARCHES D'ACTION"

Le calibrage général des "démarches d'actions" possède un savoir sur la typologie du calibrage des actions, et la façon dont elles peuvent être analysées : les QUI, QUOI, OU, QUAND, COMMENT, ou les ENTREES/SORTIES/TRANSFORMATIONS/ECHEANCES seront incarnés diversement selon la nature de l'action.

Il s'agit ici d'ajuster l'ensemble des actions types de calibrées par les PERFORMANCES ATTENDUES, avec les grandes logiques d'action existant déjà sur le SITE. On ne méconnaît pas les problèmes existants dans les logiques d'action du SITE, car le projet gagnera à résoudre ces problèmes.

L'ajustement du calibrage du SITE utilise l'analyse stratégique. Il faut identifier ce qui peut survenir comme disparités maxima dans le SITE sur, par exemple :

- les informations attendues et non fournies

- les fluctuations des matériaux et les fluides 

- les défaillances sur les technologies

- l'inadéquation des compétences

- les aléas dans le QUI fait QUOI, OU, QUAND et COMMENT

Il s'agit d'analyser les "chances" de plus grandes dépendances possibles si l'on ne faisait rien ou ne faisait que la routine. Il est nécessaire de cumuler tous les désavantages, tous les handicaps, toutes les dépendances probables, là où ils ont plus de chances de se rejoindre et de s'accumuler.

Etre stratège, c'est repérer ses plus grandes faiblesses éventuelles pour y mobiliser l'action, l'acteur, et la ressource afin de les transformer en opportunités de progression. Les aspects les plus sensibles deviennent alors les points stratégiques, c'est‑à‑dire ceux où il convient de conquérir le maximum de force et de liberté.

Le calibrage du SITE permet la formulation d'une série de cahiers des charges sur, par exemple :

- les points clés des systèmes et des circuits d'informations et de communication

- les normes des matériaux et des fluides et la pérennité des circuits d'approvisionnement

- les dispositifs sensibles des technologies sur lesquelles doit être garanti un 100% de fiabilité

- les bases de compétences et les plans de formation

- les articulations fondamentales du QUI fait QUOI, OU, QUAND et COMMENT



Préconisations pour les savoirs du calibrage général "SUBSTRAT"

Le calibrage général "SUBSTRAT" possède un savoir sur les différentes compositions possibles que peuvent prendre les substrats.

Le calibrage général "SUBSTRAT" possède une capacité d'ingénierie de modification de la structure d'un substrat. Ainsi KADS (méthode de modélisation des connaissances) distingue trois grands types d'ingénierie : l'analyse, la modification, la synthèse.

- l'analyse met en évidence une propriété ou un concept d'un système, déjà connu ou inconnu

- la modification intervient sur l'état courant d'un système sans affecter son intégrité, c'est à dire sans adjoindre ni supprimer aucune fonctionnalité

- la synthèse crée une structure d'après les besoins et les contraintes aux quelles elles devra répondre

Nous proposons une autre approche basée sur la tension entre les deux grandes logiques qui ordonnent les entreprises : la logique commerciale et la logique industrielle. L'entreprise sera calibrée à partir de son ou ses produits et du ou des processus technologiques qui les fabriquent.



La logique commerciale s'ordonne par la maîtrise du marché

Les produits ont leurs caractéristiques, leur prix, leur diffusion ordonnés par le marché. Que le marché varie et les produits varieront. On peut donc ici repérer une typologie possible du calibrage des entreprises selon la maîtrise qu'elles possèdent sur l'évolution du marché. Voilà le principe : l'ampleur du marché d'un produit est lié à sa standardisation, donc à des "investissements de forme"

"L'idée développée est que la validité d'un produit sur un espace large, un marché, résulte d'opérations d'investissements dans la mise en forme du produit, la qualification du produit permettant de constituer une capacité d'équivalence, les échanges pouvant par là être démultipliés entre un grand nombre d'intervenants. Le paramétrage des produits repose donc sur l'importance des investissements conduisant à rigidifier le produit et à le détacher des personnes : de la répétition qui crée la fidélité d'une relation, à la marque où l'origine du produit demeure, jusqu'à la norme qui conduit au produit le plus anonyme.(...)"

François EYMARD-DUVERNAY
Coopération et concurrence dans les relations d'entreprises
"JUSTESSE ET JUSTICE DANS LE TRAVAIL" Ed PUF 1989

Ces investissements de forme, par leur ampleur, permettent d'inscrire l'entreprise dans le réseau financier qui la nourrit : capitaux propres, banques, aides ou financements publiques.



La logique industrielle s'ordonne par les gains de valeur ajoutée

Avant même de raisonner économie sur les coûts, ou amélioration de performances, l'industriel raisonne "stabilité de fonctionnement". La stabilité du fonctionnement d'une organisation permet de prolonger le présent dans un futur, ouvrant ainsi la possibilité d'une prévision. Calendriers et horaires permettent d'établir des états d'avancement périodiques, de tracer des étapes, des phases, un terme. La décision d'investissement est rendu ainsi possible, investissement choisi en fonction du gain optimum de valeur ajouté.

A la maîtrise du temps s'ajoute la maîtrise de l'espace. L'espace est organisé de telle sorte que des zones éloignées ou étrangères à l'action, seront traitées comme un environnement dès lors que des liaisons fonctionnelles auront été établies. Les actions diverses sont intégrées dans un même plan homogène, réglé par des axes, des lignes directrices, des dimensions des degrés, des niveaux.

Les objets sont mis en rapport dans cet espace à l'aide de liste et d'inventaires traitables par lots. L'espace mesurable est projetable sur une feuille de papier où se joue une partie de l'épreuve, grâce à la confection de grilles, d'états, de graphiques, de schémas, d'organigrammes, de cadrages, de comptabilités, de tableaux de bord.

Finalement, les gains peuvent être calculés par ces opérations de formalisation et de standardisation du temps et de l'espace. Ces opérations permettent de voir le monde par des données exprimées en nombre, chiffrées, prêtes à être traitées, cumulées, additionnées.

Le calibrage général "SUBSTRAT" pourra ainsi posséder une capacité d'ingénierie de modification de la structure des substrats qui compose l'entreprise au sens large : l'entreprise dans le temps de ses investissements et dans l'espace de ses fournisseurs, de ses coopérations et de ses circuits de distribution.

On imaginer plusieurs façons d'analyser la modification de la tension entre la logique commerciale et la logique industrielle pour opérer le calibrage du SITE. La première s'inscrirait dans le prolongement des travaux de François EYMARD-DUVERNAY, déjà cité :

"Le détachement du produit des personnes, axiome de base des théories du marché, suppose des investissements importants permettant de donner une grande généralité aux produits (et donc un large marché). Le marché le plus pur devait donc être là où les méthodes de production et les produits étaient les plus formalisées (produits standardisés, méthodes de production fortement équipées, gestion de la main d'œuvre formalisée par des conventions collectives...).

Or il s'avère que, dans les zones d'activité où ces règles industrielles dominent, la concentration des entreprises et les situations de monopole sont très fréquemment observées."

Une seconde façon d'analyser la modification de la tension entre la logique commerciale et la logique industrielle serait d'utiliser la représentation de l'arbre technologique, qui articule l'optimisation de la jonction de plusieurs technologies génériques avec la segmentation des produits sur différents marchés.

La méthode de l'arbre technologique du cabinet ALGOE : l'exemple d'une société pharmaceutique


Les racines : les technologies génériques, savoirs et savoir-faire élémentaires proches des sciences

Biologie moléculaire, génie génétique, culture cellulaire, physiologie, immunologie, galénique, chimie


Le tronc : la combinaison de ces technologies génériques avec des savoirs industriels et commerciaux, nommée encore le "métier de l'entreprise"

Conception, fabrication et commercialisation de molécules à usage thérapeutique


Les branches : une gamme de produits ou de services hautement spécifiques

De la biologie à la chimiothérapie : hormones, vaccins, insuline, antirhumatismaux, anticancéreux, anticoagulants, antibactériens, antiviraux, anti infectieux